Une Vie de Chamelier

En 1991, le satellite kirghize a quitté l'orbite soviétique. Depuis, il n'apparaît que très rarement dans les radars des médias occidentaux.
S'il renoue avec ses traditions nomades depuis son indépendance, le Kirghizistan ouvre davantage ses portes au monde, ne cessant de nourrir un mode de vie fantasmé par l'Occident.

Pourtant, le retour à la privatisation, loin de la promesse soviétique, n'a pu empêcher l'isolement économique du monde rural. Entre nostalgie du kolkhoze et quête de liberté, cette série nous plonge dans le quotidien d'un chamelier et de sa famille : une ode à la solitude, à la vie pastorale permise par une nature omniprésente, celle des monts enneigés du Tian Shan.

Amoureux des grands espaces, là où les steppes sont encore vierges de tout façonnement humain, Bolotbèk mène une vie retirée en communion avec ses chameaux. Entre décembre et janvier les températures peuvent atteindre les -40°C. Un froid glacial loin d'effrayer ce berger mélancolique et solitaire, passé par l'armée de 1982 à 1985.

Plus bas dans la montagne, Kendjébèk, l'ami qui lui a proposé le travail, est benjamin d'une famille de quatorze enfants. Chamelier depuis quatre générations, il entretient l'héritage familial sous le regard attentif de sa mère Latiypa. La nostalgie de l'URSS est également présente dans cette famille très soudée. Pour cette « Mère - Héroïque » - distinction décernée par le régime soviétique à toutes les mères de dix enfants ou plus - le bétail est un élément de prestige social qu'il faut entretenir.

Kirghizistan (2020)